Programme

Antonio Lotti – Crucifixus
Cipriano de Rore – Cantantibus organis, Cecilia virgo / Biduanis ac triduanis
Bartolomeo de Selma – Canzon (instrumental)
Herman Hollanders – O Beatum virum Martinum
Jacob Obrecht – Salve Regina
Jean Mouton – Adieu, mes amours
Johann Hermann Schein – Suite, Banchetto musicale (instrumental)
Juan de Araujo – Pastorcillo, que al sueño entregado
Gaspar Fernandes – ¿Quieres pastorcillo?
Stevie Wishart – L’Hallali du Seigneur (texte Vincent Houchard)

Textes

Jacob Obrecht – Salve Regina

Salve, Regina, mater misericordiae;
vita, dulcedo et spes nostra, salve.
Ad te clamamus, exsules fílii Hevae.
Ad te suspiramus,
gementes et flentes in hac lacrimarum valle.
Eia ergo, advocata nostra,
illos tuos misericordes oculos ad nos converte.
Et Iesum, benedíctum fructum ventris tui,
nobis post hoc exsilium ostende.
O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria.
Salut, Reine, Mère de Miséricorde ;
notre vie, notre douceur et notre espérance, salut.
Vers vous nous crions, fils exilés d’Ève.
Vers vous nous soupirons,

gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes.
Venez donc, notre avocate,

tournez vers nous vos yeux miséricordieux.
Et montrez-nous Jésus, le fruit béni

de vos entrailles, après cet exil.
Ô miséricordieuse, ô pieuse, ô douce Vierge Marie.

Gaspar Fernandes – ¿Quieres pastorcillo?

Stevie Wishart – L’Hallali du Seingeur, texte Vincent Houchard

Une mystérieuse et légère brume s’élève des naseaux de la vallée.
L’aube apparaît à l’horizon. 
La lumière du levant absorbe la forêt. 
Les feuillages frétillent, les corps engourdis s’éveillent.
Les laies grommellent[1].
Des caquètements masquent le babillement du ruisseau.
Les mâles roumellent et nasillent d’aise.
Tête haute, le Seigneur de la forêt foule les perles d’une clairière.
La sérénité des hôtes apporte de la plénitude.

Arduina, Diane, Artémis, arcs en bandoulière,
flèches dans le carquois formatent une confrontation.
Les cris rauques et profonds des cors résonnent dans la vallée.
Le geai du chêne sonne l’alerte.
Tous ont les sens en ébullition.
Les oiseaux apeurés s’échappent vers les cimes.
Les renards, blaireaux se terrent.
Les lièvres fuient.

La traque mortelle a commencé.
Les chiens endiablés pistent les gibiers apeurés.
Les corbeaux trahissent les leurs.
Nez à ras de terre, les sangliers transpercent les futaies impénétrables.
Les cerfs galopent à n’en plus finir.
Acculé, l’hallali résonne.
Le Seigneur se tient droit et fier, épuisé.
Sous les honneurs, la dague transperce la chair sacrée.
Il s’affaisse avec dignité.


[1] Début agacement